Peintre autodidacte d’origine italienne, ainée d’une famille nombreuse, Giuliana Gironi a baigné dans une ambiance où l’art et la mode avaient une place considérable. Entre une mère artiste et un oncle très créatif devenu modiste, son penchant pour la peinture s’est exprimé très naturellement. Elle a grandi dans la fascination de son propre imaginaire nourri par la créativité et la singularité familiale.

 

Giuliana Gironi affectionne le grand format, « Cela me donne l’impression d’évoluer dans l’univers que je crée lorsque je travaille » confie-t-elle. Elle a choisi l’acrylique pour ses capacités de séchage rapide ce qui facilite sa technique par couches superposées. Son expérience de l’eau forte lui a donné le goût des textures imprimées, « J’aime l’ombre que le foulage crée sur le papier tout autours des traits encrés et qui donne cette impression de relief ». Elle a longtemps cherché à l’obtenir dans sa peinture via différentes techniques mais c’est avec un outil basique, le marqueur posca, qu’elle réussi à s’approcher du but recherché. Grâce à un travail de réécriture au marqueur fin de toutes ses formes déjà peintes, elle crée l’illusion de surimpression et parfois même de tissage dans des compositions étant presque toujours construites sur une base florale de papier peint ou vieille tapisserie « Avec ce rendu je souhaiterais donner à mon oeuvre une dimension temporelle plus large, le sentiment d’une époque indéfinissable ».

 

Elle a une passion pour la nature, les animaux, les fleurs, les éléments… Elle est émerveillée par la beauté sauvage de notre planète, elle se sent toute petite dans ce monde extraordinaire « j’aime l’idée que chaque être fait partie d’un tout, que nous soyons les atomes d’une entité plus grande telle que la nature ou le cosmos »  Ceci s’exprime parfaitement dans le traitement  par transparence des différentes couches qui composent l’oeuvre conduisant à l’imbrication des sujets et objets dans l’arrière plan, comme imprégnés dans les profondeurs des strates. 

Elle est également attirée par l’univers de l’enfance, par les peurs qui l’habitent, par ces réminiscences lointaines qui régissent notre existence. Elle se remémore ces anciennes perceptions et tente de redéfinir poétiquement un passé révolu mais  omniprésent…

Les animaux, purs et innocents,  qu’elle présente comme les observateurs de notre activité sur cette terre, peuplent silencieusement son univers.

 

Le futur n’est pas rassurant et le passé n’est plus là, le présent étant le seul élément sur lequel nous ayons peut-être encore un certain contrôle…. «J’aimerais, par mon travail, apporter une espèce de dépaysement face aux réalités de ce monde » Elle éprouverait un sentiment de pertinence vis à vis de sa démarche si l’observateur de ses oeuvres était captivé, interpelé… puis apaisé, avant d’affronter ne fusse que la journée…

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Giuliana Gironi... Un talent à découvrir 

Onirique et sensuelle: Voilà comment l’on pourrait qualifier la peinture de cette liégeoise d’origine italienne. Elle ne se contente pas de peindre: elle invite à la découverte, à la contemplation.

Ses oeuvres se transforment alors en miroir où le spectateur se réinvente lui-même un instant autour de remarquables bestiaires imaginaires. Des animaux mystérieux, des lapins, tantôt protecteurs, tantôt fragiles, habitent des jungles de papier peints. Au milieu de ses grandes toiles, de jeunes filles, parfois des enfants… surgissent dans des clairs-obscurs harmonieux

En fait, Gironi fige le temps qui passe avec bonheur. Certains y voient « Alice au pays des merveilles » d’autres un conte enchanteur sur l’identité, sur la quête d’absolu…

Chacune de ses oeuvres possède une signification cachée, des interprétations laissées libres à l’oeil. Mais une chose est sure: toutes ses oeuvres, même les plus dures, sont suaves, sensuelles, belles et douces au regard.

Difficile de ne pas les aimer! Un beau travail, très personnel, au pouvoir évocateur puissant, à découvrir.

 

                                                                                                                                                           Lucien Rama 2019

 

 

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ENG

Self-taught artist of Italian origin,  eldest  of  a  large  family,  Giuliana Gironi  was  immersed in  an  atmosphere where  art  and  fashion had a important place.  Between a mother artist  and a very creative  uncle  that  became  milliner,  her  taste  for  painting  was  expressed very naturally.  She  grew up in the fascination of her own imagination fueled by creativity and family singularity.

 

Giuliana Gironi  likes  big size  canvasses, "It gives me the feeling of evolving in theworld  that  I  create  when  I  work « she says.  She chose  acrylic for its fast dryingabilities   which   make   easier   her   technique  of    superposition  of   layers . Herexperience of etching gave her the taste of printed textures,  "I like the  shadow thatthe  plate mark creates  on the paper  all  around the inked lines and that gives this impression of relief".  For a long  time she sought to obtain it in her painting throughdifferent  techniques but it is with a basic tool, the posca marker, that she  managed to  get  closer  to  the  desired  goal.  Thanks to a  work of  rewriting  of  each shape already  painted,  she  creates  the  illusion  of  overprinting  and   sometimes  even, weaving,  into  compositions being almost always built on  a floral background, as a wallpaper  or  an old  tapestry  « With  this render  I  would like to give to my  work a

broader temporal dimension, the feeling of an indefinable time « .

 

She has a passion for nature, animals, flowers, elements ...  She  is  amazed by the wild beauty of our planet, she feels very small in this extraordinary world "I feel  that every being is connected, as if we were atoms of a larger entity that could be nature or the cosmos" This is perfectly expressed in transparency treatment of the different layers  that  make up  her  paintings leading to the interlock of subjects, objects andbackground, as if impregnated with the depths of the strata.she  is  attracted  by  the  world  of  childhood,  by  the  fears that inhabit it, by thesereminiscences  far  away  that  govern  our  existence.  She   remembers these  old perceptions  and  tries  to  poetically  redefine  a lost past but however omnipresent. 

The Animals,  pure  and  innocent,  that she presents as observers of our activity on this planet, silently populate her world.

 

The  future  is not reassuring and the  past is no  longer there, the present being the only  element on which  we have maybe some control ....  "I would like, by my work, to cause  a kind of escape face to the realities of this world" She would feel a sense of  pertinence about her approach if  the  observer  of  her  works  was   captivated, questioned ...  then appeased, before facing even just the day...

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Giuliana Gironi...  A talent to discover

Dreamlike and sensual: this is how we could describe the paintings of this Liegeoise of Italian origin. She does not just paint: she invites  you to an experience of discovery, contemplation. Then, her works become a mirror where the observer reinvents himself, just a moment, around amazing imaginary bestiaries.

Mysterious animals, rabbits, sometimes protectives, sometimes fragiles, live into jungles  of  wallpaper.  In the

middle of her large canvases, young girls, sometimes children... arise in harmonious chiaroscuro.

Actually, Gironi stop the time that passes with happiness. Some see  "Alice in Wonderland" others an enchanting tale about identity, about the search for the absolute...

Each of her work has a hidden meaning, open interpretations to the eye. But one thing is for sure: all her works, even the hardest, are suaves, sensual, beautiful and sweet for eyes.

 

Hard not to like them! A beautiful work, very personal, powerfully evocative, to discover. 

                                                                                                               

                                                                                                                                                Lucien Rama 2019